Rien ne se perd

Bien que la fonction principale de la chasse au phoque soit l’approvisionnement en nourriture, la peau du phoque peut être transformée en vêtements et en bottes. Ces vêtements sont vendus sur place, au Canada et à travers le monde. De plus, la graisse de phoque sert à de multiples usages : on brûle l’huile pour produire de la chaleur et de la lumière, ou on la condense pour l’exportation.

Une partie de la viande de phoque sert à nourrir les équipes de chiens de traîneaux : c’est encore de nos jours l’option la plus nutritive et la plus pratique pour nourrir ses chiens. Nos enfants s’amusent à des jeux traditionnels avec les os des nageoires de phoque et les retailles de peau. La fourrure et les os servent également à l’artisanat.
 

SE NOURRIR

Le rude climat de l’Arctique et les longues distances séparant les collectivités font obstacle à la diversification de l’économie du territoire. Dans une région où l’agriculture est impraticable, la faune et la flore locales sont les seules sources de nourriture. On supplée à cette « nourriture du pays » en important d’autres produits du sud du Canada, qui sont généralement d’une valeur nutritive inférieure que l’on vend à fort prix.

Auparavant, la viande de phoque faisait partie de la diète quotidienne des Inuit, tout comme le pain en Europe. Au début du XVIIIe siècle, un missionnaire a modifié un verset d’une prière bien connue, pour lui faire dire : « Donnez-nous notre phoque quotidien ».

Le phoque annelé joue un rôle essentiel dans la diète traditionnelle et demeure une source importante de nourriture pour les habitants des 26 communautés du Nunavut. La viande de phoque a une valeur nutritive élevée : elle est riche en protéines, en matières grasses polyinsaturées, en vitamines et en minéraux. Elle est également une source d’oméga-3, un type de gras qui réduirait les risques de maladies cardiovasculaires, et de rétinol, qui aide à conserver l’acuité visuelle et à défendre contre les infections des voies respiratoires supérieures. La graisse contenue dans la viande de phoque améliore la circulation sanguine.

On trouve rarement de la viande de phoque sur le marché : elle est plutôt partagée entre les membres d’une famille ou d’une collectivité.
 

 

SE VÊTIR

« Lorsque je pense aux phoques, la première idée qui me vient en tête est « nourriture » et la seconde, « fourrure ». J’aime tout confectionner en peau de phoque, des mitaines et gilets aux kamiks, nos bottes traditionnelles. »
– Elisapee Kilabuk, couturière, Iqaluit, Nunavut

DES VÊTEMENTS CHAUDS POUR UN CLIMAT FROID

L’utilisation de peau d’animaux dans la confection des vêtements est une pratique extrêmement importante dans les régions nordiques. Les habits en peau et en fourrure ont longtemps été indispensables à la survie dans le climat glacial de l’Arctique.

Si les modèles et les styles des vêtements varient d’un bout à l’autre du Nunavut, il existe une caractéristique principale commune à tous : la conservation de la chaleur. Les vêtements et les bottes sont conçus pour résister aux conditions de froid extrême. Ils doivent également être respirants afin de permettre l’évacuation de l’humidité tout en protégeant contre le vent et l’humidité. Une autre qualité importante de ces vêtements est leur durabilité. Jusqu’à maintenant, aucune étoffe ne surpasse l’efficacité des vêtements traditionnels inuit dans le climat arctique.

PRÉPARER LA PEAU DE PHOQUE

ClothingPour être utilisée dans la confection de vêtements, la peau de phoque doit d’abord être traitée. Le cuir doit être nettoyé dans de l’eau fraîche le plus tôt possible pour le débarrasser de toutes traces de sang, de sel et de graisse. Ensuite, on étend le cuir sur une planche pour en retirer la graisse à l’aide d’un couteau traditionnel à lame courbée appelé ulu. Après plusieurs répétitions successives des deux premières étapes, on étire la peau sur un cadre et la laisse sécher à l’air. Lorsque la peau est bien sèche, on la mâche ou la martèle du pied pour la rendre souple.

Une fois les besoins domestiques comblés, les peaux supplémentaires sont vendues à des agents de conservation du gouvernement du Nunavut, qui les expédient dans le sud pour des ventes aux enchères. Certaines peaux sont tannées et teintes dans le sud, et sont ensuite renvoyées au Nunavut pour la confection de vêtements.

 

 

 

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