Vivre de la terre

« Ceux qui s’opposent à l’utilisation de la fourrure sont parfois victimes de désinformation. Ils ne voient qu’un côté de la médaille. Je me mets parfois en colère lorsque je pense aux conséquences de leur parti pris sur nos vies. Mon mari était chasseur. Il était mon lien avec les phoques. Notre mode de vie repose sur eux. » 

– Monica Ell, Iqaluit, Nunavut

Le mode de vie des dernières générations d’Inuit a subi une transformation radicale quand la vie semi-nomade a cédé la place aux établissements permanents, aux maisons chauffées et aux provisions venues du sud du Canada. Les épiceries offrent divers produits alimentaires, mais ces produits ne sont que des substituts incomplets et onéreux à la nourriture récoltée sur place et appréciée par la majorité des Inuit. Le phoque demeure la source de nourriture préférée des Inuit, et la plus précieuse.

La récolte de phoques annelés pratiquée par les Inuit au Nunavut se réduit plus ou moins au nombre de prises nécessaires pour répondre aux besoins de la famille. Les revenus générés par la production de viande, de peaux pour la confection de vêtements, d’art et d’artisanat injectent environ un million de dollars annuellement dans l’économie du Nunavut. Il en coûte cinq fois davantage pour approvisionner le territoire en produits d’épicerie provenant du sud du Canada et pour mettre en place une solution de rechange aux retombées économiques générées par la récolte annuelle.

Les profits de la vente de peaux de phoque financent en partie la chasse de subsistance, dont les coûts suivent la hausse du capital et des coûts d’exploitation. Les chasseurs établis dans des collectivités doivent en général parcourir de longues distances pour la récolte de phoques.

Les Inuit continueront de chasser le phoque pour se nourrir. Les peaux servent d’abord aux besoins domestiques, c’est-à-dire à la confection de kamiks (bottes traditionnelles), de vêtements et à l’artisanat. Les peaux supplémentaires peuvent être vendues.

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